Julien Laville

Il écoute et observe souvent silencieusement.
Amateur de formes mouvantes et colorées s’agitant dans la pénombre, il erre dans un monde labyrinthique que ses vidéos et dessins voudraient tant exprimer.
Sa pensée, perdue au milieu d’un brouillard opaque traversé de flux contradictoires, est telle une marionnette éclopée et trébuchante qu’il tente de guider.
Parfois, cet étrange pantin, au son de martèlements métalliques et rythmiques d’une forge lointaine, possédée sans doute par quelques alchimistes clandestins, est pris d’étonnantes gesticulations.
Le marionnettiste surpris, distingue alors au sein des lignes et des courbes, fendant les volutes brumeuses, les visages difformes des monstres et rêves si longtemps redoutés.
Une fois le calme revenu, il guide de nouveau sa créature clopin-clopant, vers les lueurs de la forge.
Où il espère lui donner vie, pour pouvoir s’effacer, enfin.