On boira toute l'eau du ciel

Voyage entre les strates – Création 2017

Avant, on vivait tous ensemble dans nos cabanes.
Le monde est sans dessus dessous, maintenant.
On ne sait plus rien du chaud, du froid, du dedans ou du dehors, de l’endroit ou de l’envers.
Le temps s’est figé, il ne reste pas grand chose d’avant.
Mais nous sommes là, en chair et en os.
Et on vous donnera de belles lumières.

Entresort en caravane / 14 minutes / à partir de 6 ans

Production et diffusion : Mélissa Azé
melissa.lameandre@gmail.com
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– D’abord, c’est l’histoire d’une cabane.
– Une cabane de pêcheur ?
– Non, une cabane immergée par la pluie. Une cabane au fond de l’eau, une cabane introuvable.
– Notre cabane à nous. Notre cachette secrète pour accueillir et faire errer nos souvenirs. Notre refuge.
– Un havre dans lequel tout pourrait être possible. On aurait l’illusion d’un nid, d’un cocon et nous serions invisibles, invincibles.
– Oui. Notre vulnérabilité n’existerait qu’en reflet sur une glace.
– Nous nous délecterions, enfants insouciants, des sensations qui feraient frémir nos corps animés.
– On instituerait nos jeux, nos fêtes, on inviterait les défunts, on danserait, on rirait.
– Des images apparaîtraient à la surface de l’eau ; elles nous raconteraient la vie qui a imprégné les branchages de notre abri. Des gouttes d’eau ruisselleraient jusqu’au creux de l’oreille, pour détremper les mots fantômes qui jailliraient dans les coins.
– Ici ou là des reliques, épaves du passé, auraient l’odeur de la rouille et des herbes.
– On vivrait tous ensemble, on escaladerait des branchages, on dresserait des forêts, on boirait toute l’eau du ciel la bouche grande ouverte.
– Et on pourrait l’emmener partout avec nous, notre cabane.

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On boira toute l’eau du ciel est une petite forme en caravane dans laquelle quatre spectateurs deviennent témoins attentifs d’un récit sonore et visuel.
L’histoire est celle d’un peuple des arbres disparu à la suite d’une pluie diluvienne. Les gouttes trop fortes, trop lourdes les ont fait plonger vers le bas. Il ne reste personne, excepté deux soeurs. Elles sont les garantes du drame, ce sont les seules rescapées. Ensemble elles jouent à faire revivre les souvenirs, partagent les instants passés et prennent soin de ne pas les laisser sombrer dans l’oubli.

Une vitre pour projeter des images sans outil numérique, un dispositif de spatialisation du son, une cabane-cocon à l’intérieur d’une caravane : tels sont les instruments pivots exploités pour vous raconter cette histoire.
On boira toute l’eau du ciel, dans une configuration douce et sensitive, cherche à mettre en lumière des questionnements relatifs à la perte et au devenir de la relation autour des êtres perdus, sans encombrer le spectateur du poids de la réponse.
Que faisons-nous pour échapper et survivre à notre solitude ?

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De et avec Anaïs Blanchard & Anne-Chloé Jusseau
Texte : Guilhem Bréard
Jeu et voix : Anaïs Blanchard & Anne-Chloé Jusseau
Musique : Anne-Chloé Jusseau
Scénographie : Mathieu Fernandez
Durée : 14 minutes
Pour 4 personnes

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