Clémence Aumond
Depuis déjà plusieurs années, Clémence attend avec impatience d’avoir sa photographie sur le site de La Méandre.
Ce qu’elle n’avait pas vu venir, c’est qu’il lui faudrait aussi produire une biographie.
Elle se concentre alors pour retraverser sa vie : en fermant les yeux très fort, elle replonge doucement dans son enfance paisible à la Possonnière, petit village de pêcheurs et de viticulteurs des bords de Loire, les ballades en vélo, les parties de pêche et le bruit du train, ce bruit du train qui la berce et lui ouvre un ailleurs.
Angers, le lycée, l’option cinéma et le festival Premiers Plans lui ouvrent une scolarité classique, rebelle, musicienne, abonnée au groupe des moches et des chelous, mais déjà présente aux rendez-vous des manifestations lycéennes.
De débrayages en blocages, elle retrouve la même voie de chemin de fer pour s’arrêter cette fois-ci à Rennes. En s’inscrivant en histoire à Rennes 2, elle comprend rapidement que l’intensité du mouvement social et tout son microcosme lui permettront d’affiner radicalement ses hobbies et autres centres d’intérêts. Elle prend part à l’énergie d’un lieu autogéré en participant à l’organisation de conférences, de cantines, de projections et autres cycles de discussion. Les années passées au sein de ce groupe politique auront pour ligne directrice de placer la question de comment vivre au cœur de l’exigence politique et du quotidien.
Après un voyage au Portugal, en passant du temps à la ZAD, elle apporte des réponses concrètes à cette question : en organisant notamment des fêtes et des concerts de free jazz, et en plaçant les expériences de radio pirate au cœur de sa vie.
Pirate, telle n’est pas la Maison de la Radio où elle suit une formation son. En revanche, ses compétences de monteuse et de preneuse de son l’amènent à travailler en tant que créatrice sonore et technicienne au sein de la Compagnie Toiles Cirées.
De festoche en festoche, d’expériences de radio éphémères en créneaux de bénévolat, elle finit par croiser la route de certaines Méandres lors d’une belle semaine d’août 2018. Depuis, elle adhère à 100% à ce qu’elle a découvert au Port Nord : l’alliance de la high tech et du DIY, mais surtout l’amitié au centre de toute création.
De formations pointues sur l’étude des liaisons Hautes Fréquences à l’initiation à la musique électroacoustique produite à partir de vieilles bandes magnétiques, elle cherche des chemins pour écouter le monde par delà la cacophonie contemporaine.
Un beau jour de février 2025 au Chili, lors d’une coupure de courant ayant affecté le pays entier, elle s’émeut une fois de plus pour son obsession : la radio, au milieu du silence et de l’obscurité, parle et devient la seule, la dernière, à maintenir le lien, à tenir la communauté, comme pendant la pandémie, notamment autour de la radio cocovidalicacaducul. C’est cette passion qu’elle tente de transmettre à travers l’expérience de Radio Banane.
