Marie Dupasquier

Marie est championne de France de Yoseikan Budo, mais sans avoir combattu.

Elle aime écrire des cartes postales à de vieilles tantes irascibles, des lettres d’aventures depuis le comptoir des PMU à ses ami.e.s, des lettres d’amour à des chiens galeux.

Elle aime les procédés d’impression, et la micro-édition.

Elle se souvient que le rossignol a chanté le 9 avril l’an dernier et que cette année le merle s’y est mis avec plus d’un mois d’avance, le 28 janvier.  

À un moment elle a quand même été étudiante en vue de mettre de la couleur et des motifs sur les gens ou sur les murs, de bidouiller des décors pour des spectacles mais comme ça avait l’air trop long à faire et qu’il fallait être indépendante, elle ne s’y est pas trop attardée.

Elle a parfois fait 3 boulots à la fois parce que ça lui chantait, parce que la valeur travail, parce que l’argent qu’il fallait.

Elle a expérimenté le sexisme dans le bâtiment et joué au même jeu que ceux qui l’instauraient. Elle a tapé plus fort, porté des plaques de placo trop grandes, des seaux de gravas trop lourds, est allée plus vite, et a enfin su uriner dans un gobelet en plastique derrière une rangée de cartons pour ne pas être “une pisseuse bonne à ralentir les chantiers”.

Marie a mis son dos au soleil, à la pluie et au gel des coteaux givrotins et jouvenceaux, aimé le nom des parcelles et leurs singularités, le casse-croûte à 9h quand la chaleur cogne, le thé à la même heure quand les pieds et les doigts sont engourdis par le froid.

Elle a vécu quelque part dans l’océan indien, s’est infusée de sa culture, a régalé les gens depuis la cuisine d’un renault master de pompier de son année de naissance, et puis elle a préféré retrouver sa Bourgogne chérie.

Elle a beaucoup siffloté le petit vin blanc au bras des anciens et des anciennes qui n’avaient plus que les chansons comme souvenirs. Beaucoup ri avec elles et eux. Beaucoup angoissé dans les conditions de travail qui lui étaient imposées, puis craqué. Après tout, devoir lever, emmener aux toilettes, laver, habiller, nourrir 15 personnes en 4 h, est-ce que c’est vraiment du soin quand on n’a plus le temps de parler et soi-même d’aller pisser ?

Aujourd’hui, Marie est principalement scénographe pour les compagnies La Méandre et La Hurlante.

PS : Ça fait beaucoup d’histoires de pipi tout ça, mais est-ce que ce serait pas un marqueur de la violence au travail ?